La thérapie express : quand notre société veut aller mieux sans ressentir
La thérapie express : quand notre société veut aller mieux sans ressentir
Et si notre manière de vouloir aller mieux disait quelque chose de notre époque ?
Depuis quelque temps, le succès du padel m’interroge.
Pas le sport en lui-même. Je ne vois aucune raison de lui reprocher son accessibilité, sa convivialité ou le plaisir qu’il procure. Mais son succès raconte peut-être quelque chose de notre rapport contemporain à l’effort : nous semblons rechercher de plus en plus des expériences dans lesquelles le plaisir arrive rapidement, sans avoir nécessairement à traverser une longue période d’apprentissage, de frustration ou d’échec.
Et cette réflexion me renvoie directement à ce que j’observe dans mon cabinet d’hypnothérapie à Saint-Saulve, près de Valenciennes.
Car dans l’accompagnement aussi, une attente nouvelle semble s’installer : celle d’aller mieux vite.
Très vite.
Parfois même sans avoir à ressentir.
Nous voulons aller mieux, mais voulons-nous encore traverser ?
Lorsque quelqu’un vient me consulter, sa demande est souvent parfaitement légitime.
« Je veux arrêter d’avoir peur. »
« Je veux ne plus être anxieux. »
« Je veux retrouver confiance en moi. »
« Je veux arrêter de penser à cette situation. »
« Je veux que cette émotion disparaisse. »
Lorsqu’on souffre, qui pourrait reprocher à quelqu’un de vouloir aller mieux ?
Le problème n’est évidemment pas là.
Il apparaît lorsque la recherche de soulagement devient une recherche d’effacement.
Comme si la souffrance était un dysfonctionnement qu’il suffirait de supprimer.
Comme si une émotion désagréable n’avait rien à nous apprendre.
Comme si le rôle d’une thérapie consistait simplement à faire disparaître ce qui dérange.
Et parfois, derrière la demande d’aide, il y a une attente presque magique :
« Faites quelque chose pour que je ne ressente plus ça. »
Une séance. Une technique. Un déclic. Et pourquoi pas, si possible, dès aujourd’hui.
La baguette magique du thérapeute.
Le symptôme n’est pourtant pas toujours l’ennemi
Notre époque nous apprend à corriger rapidement ce qui nous gêne.
Une douleur ? On cherche à la faire taire.
Une contrariété ? On passe à autre chose.
Une pensée désagréable ? On cherche à la chasser.
Une émotion ? On voudrait parfois pouvoir la désactiver.
Nous avons développé une formidable capacité à améliorer notre confort. Et c’est une chance.
Mais à force de chercher à supprimer l’inconfort, nous pouvons finir par considérer toute expérience inconfortable comme un problème à éliminer.
Or une émotion n’est pas nécessairement un problème.
La peur peut protéger.
La colère peut signaler une limite.
La tristesse peut accompagner une perte.
L’anxiété peut parfois révéler que quelque chose, dans notre manière de vivre ou de percevoir une situation, mérite d’être regardé.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille conserver sa souffrance ou apprendre à aimer son anxiété.
Cela signifie simplement qu’avant de chercher à faire disparaître quelque chose, il peut être intéressant de se demander :
« Qu’est-ce que cette réaction essaie de faire pour moi ? »
Une société qui supporte de moins en moins la résistance
Cette question dépasse largement le cabinet de thérapie.
Nous vivons dans une société de l’immédiateté.
Nous commandons en quelques clics. Nous obtenons une réponse en quelques secondes. Nous changeons de vidéo lorsque quelque chose nous ennuie. Les applications anticipent nos envies. Les services sont conçus pour supprimer les étapes intermédiaires.
Tout doit être plus simple.
Plus rapide.
Plus fluide.
Cette évolution est extraordinaire sur bien des aspects.
Mais elle modifie aussi progressivement notre rapport à la frustration.
Nous supportons moins facilement d’attendre.
Moins facilement de ne pas savoir.
Moins facilement d’échouer.
Et peut-être aussi moins facilement de ressentir ce qui nous dérange.
Le problème n’est donc pas le progrès.
Le problème apparaît lorsque la facilité devient la seule expérience que nous acceptons.
Parce que certaines choses importantes dans une existence humaine ne sont justement pas faciles.
Apprendre.
Grandir.
Changer.
Faire le deuil.
Construire une relation.
Se connaître.
Retrouver confiance.
Traverser une peur.
Certaines transformations demandent du temps. D’autres peuvent être étonnamment rapides.
Mais dans les deux cas, elles demandent une rencontre avec soi-même.
La thérapie brève n’est pas une baguette magique
C’est là que je souhaite apporter une nuance importante.
Je pratique la thérapie brève, notamment à travers l’hypnose, la PNL et la DNR.
Et oui, ces approches peuvent permettre des changements rapides.
Parfois, une seule séance suffit à provoquer une évolution importante.
Une nouvelle perception peut apparaître.
Une émotion peut changer d’intensité.
Une personne peut retrouver une ressource qu’elle ne parvenait plus à mobiliser.
Un événement peut cesser d’avoir le même impact.
Mais « rapide » ne signifie pas « magique ».
Et surtout, thérapie brève ne signifie pas thérapie superficielle.
La brièveté ne consiste pas à éviter ce qui est important.
Elle consiste plutôt à chercher où se trouve le levier du changement.
Il n’est pas toujours nécessaire de passer des années à analyser son histoire pour modifier une difficulté actuelle.
Mais il est rarement pertinent de vouloir simplement faire disparaître le symptôme sans s’intéresser à ce qui l’entretient.
Ressentir n’est pas subir
C’est probablement l’une des distinctions les plus importantes de mon accompagnement.
Ressentir une émotion ne signifie pas être condamné à la subir.
Explorer une peur ne signifie pas nécessairement la renforcer.
Regarder une expérience douloureuse ne signifie pas forcément la revivre.
Au contraire, lorsqu’une personne peut enfin observer ce qui se passe en elle dans un cadre sécurisant, quelque chose peut commencer à changer.
L’hypnose peut permettre d’accéder autrement à certaines représentations et ressources.
La PNL peut aider à observer les mécanismes de perception, de pensée et de comportement qui participent à une difficulté.
La DNR peut être utilisée dans certains accompagnements lorsque des expériences passées continuent à provoquer des réactions émotionnelles ou des perturbations dans le présent.
Ces outils ne sont pas là pour « supprimer » une personne ou ses émotions.
Ils peuvent aider à modifier la manière dont elle vit certaines expériences.
Et cette différence est fondamentale.
La question n’est peut-être pas : « Comment ne plus ressentir ? »
C’est une question que je pose de plus en plus dans ma pratique.
Lorsqu’une personne me dit :
« Je ne veux plus avoir peur. »
Peut-être pouvons-nous aller un peu plus loin.
Qu’aimeriez-vous pouvoir faire si cette peur ne vous empêchait plus de vivre comme vous le souhaitez ?
Lorsqu’elle dit :
« Je veux arrêter d’être anxieuse. »
Une autre question devient possible :
« Qu’aimeriez-vous retrouver dans votre vie lorsque cette anxiété prendra moins de place ? »
Parce que ne plus souffrir n’est pas encore un objectif.
C’est une direction négative : supprimer quelque chose.
Un véritable objectif commence souvent lorsqu’on peut répondre à une autre question :
« Qu’est-ce que je veux vivre à la place ? »
Et c’est là que le travail thérapeutique devient particulièrement intéressant.
Il ne s’agit plus simplement de retirer un symptôme.
Il s’agit de retrouver des possibilités.
Aller vite, oui. Éviter, non.
Je ne crois donc pas qu’il faille opposer les thérapies longues et les thérapies brèves.
Je ne crois pas non plus qu’il faille glorifier la souffrance ou considérer qu’une transformation n’est valable que si elle a été difficile.
Ce serait tomber dans l’excès inverse.
Je crois simplement que la rapidité n’est pas le problème.
Le problème serait de croire que nous pouvons changer profondément sans jamais rencontrer ce qui, en nous, demande à être compris, reconnu ou transformé.
Une thérapie peut être courte et profonde.
Une séance peut être simple et bouleversante.
Un changement peut être rapide et durable.
Mais ce changement n’est pas une baguette magique.
C’est une rencontre.
Une rencontre avec une émotion, une perception, une histoire, une croyance, une ressource parfois oubliée.
Et surtout, une rencontre avec la possibilité que quelque chose puisse être différent.
Et si aller mieux ne signifiait pas ressentir moins ?
Peut-être que nous nous trompons parfois de question.
Nous demandons :
« Comment faire pour ne plus ressentir ça ? »
Alors que la question pourrait être :
« Comment faire pour que ce que je ressens ne décide plus à ma place ? »
La nuance est immense.
Elle permet de sortir d’une logique de suppression pour entrer dans une logique de transformation.
C’est dans cette perspective que je propose mes accompagnements en hypnose, PNL et DNR à Saint-Saulve, près de Valenciennes.
Pour travailler sur l’anxiété, le stress, les phobies, la confiance en soi, certaines expériences difficiles ou encore des comportements dont vous souhaitez vous libérer.
Pas avec la promesse d’une baguette magique.
Mais avec l’idée que votre cerveau, vos émotions et vos expériences possèdent déjà des ressources qui peuvent parfois être mobilisées autrement.
Aller mieux rapidement est possible.
Mais aller mieux ne signifie pas nécessairement ne plus rien ressentir.
Peut-être que la véritable liberté commence lorsque nous n’avons plus besoin de fuir ce que nous ressentons pour pouvoir avancer.
