Qui décide en nous ? Nous ou notre cerveau ?
Références internes, références externes et les tours de passe-passe du cerveau
Par Gregory Papin — Hypnothérapeute & praticien PNL / DNR
[Cabinet Libra Toi – Hypnose & Neurosciences]
Nos décisions sont-elles vraiment les nôtres ?
Chaque jour, nous prenons des centaines de décisions : de la plus anodine (choisir un plat au restaurant) à la plus engageante (changer de carrière, quitter quelqu’un, dire non). Pourtant, une question fondamentale demeure : qui décide en nous ? Est-ce vraiment nous ?
Dans le langage de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL), on distingue deux types de repères qui influencent nos choix :
- Les références internes : ce sont les ressentis, les convictions personnelles, l’intuition, la logique propre.
- Les références externes : ce sont les avis des autres, les normes sociales, les règles, les chiffres, l’autorité, les feedbacks.
Ces deux polarités influencent notre rapport au monde, et surtout à la confiance que nous avons dans nos choix.
Le cerveau, ce simulateur de réalités
Le cerveau humain n’est pas un miroir objectif du monde. Il est un simulateur actif, toujours en train d’interpréter, prédire, et combler des blancs.
Selon le neuroscientifique Karl Friston et sa théorie du brain as a prediction machine, notre cerveau fonctionne comme une machine à inférences : il n’attend pas simplement de recevoir des informations du monde extérieur, il les anticipe à partir de modèles internes construits au fil du temps.
Conséquence ?
Nous ne voyons pas le monde tel qu’il est, mais tel que nous pensons qu’il est, en fonction de nos expériences passées, croyances, traumas ou conditionnements.
Le piège des références externes
Lorsque les références externes prennent le dessus, notre système de décision devient dépendant : « Est-ce que j’ai bien fait ?, Et si je me trompais ?, Que vont ils penser ?
Ce besoin d’approbation peut être utile dans certaines situations (respect des règles de sécurité, décisions collectives), mais il devient handicapant lorsqu’il est chronique.
Des études en psychologie sociale comme celles de Solomon Asch (1951) sur la conformité ou de Stanley Milgram (1963) sur l’obéissance à l’autorité montrent à quel point nous pouvons trahir nos propres jugements pour rester alignés avec le groupe ou une figure perçue comme autoritaire.
Et quand les références internes déraillent ?
À l’inverse, certaines personnes se réfèrent uniquement à leurs ressentis internes… mais ces derniers peuvent être biaisés par des traumas, des croyances limitantes, ou des distorsions cognitives.
Par exemple, dans les troubles anxieux ou dépressifs, le système de référence interne peut dire ; « Je ne vaux rien, je vais échouer, je ne mérite pas mieux «
Le cerveau, par biais de confirmation, va alors filtrer l’information pour valider cette croyance, même si la réalité la contredit. C’est ce que démontrent des travaux sur la théorie des schémas de Beck en psychothérapie cognitive.
L’enjeu : restaurer une autorité intérieure éclairée
Le rôle de mes accompagnements, via l’hypnose, la PNL et la DNR, est précisément là :
- Identifier la polarité dominante (trop externe ou trop interne)
- Éclairer les mécanismes inconscients de décision
- Réconcilier l’intuition personnelle avec des repères justes et objectifs
En hypnose, je travaille sur les empreintes émotionnelles et les associations inconscientes.
En PNL, je modélise les stratégies de décision, les lignes du temps, les croyances.
En DNR, je désensibilise les traces traumatiques qui biaisent la perception.
Cas pratique : “Je n’arrive jamais à faire un choix”
Une cliente vient consulter. Elle change d’avis sans cesse, demande des avis à tout le monde et culpabilise après chaque décision.
En 3 séances, Nous avons identifié que son besoin d’approbation venait d’un schéma parental très autoritaire. Nous avons recadré la croyance “je ne suis pas fiable” en une posture adulte : “je choisis, donc j’assume”et un ancrage hypnotique a été installé pour reconnecter à une sensation de justesse corporelle au moment de choisir.
Choisir à nouveau en conscience
Retrouver un équilibre sain entre références internes et externes, c’est redevenir auteur de sa vie.
Mon objectif en cabinet n’est pas de dire quoi faire, mais d’aider chacun à retrouver le gouvernail, à sentir ce moment subtil où une décision devient juste, claire, alignée.
Et si, derrière chaque indécision, se cachait une opportunité de réapprendre à se faire confiance ?
Références scientifiques
- Friston, K. (2010). The free-energy principle: a unified brain theory? Nature Reviews Neuroscience.
- Asch, S. (1951). Effects of group pressure upon the modification and distortion of judgments.
- Milgram, S. (1963). Behavioral Study of Obedience. Journal of Abnormal and Social Psychology.
- Beck, A.T. (1976). Cognitive Therapy and the Emotional Disorders.
- Kahneman, D. (2011). Thinking, Fast and Slow.
Libra Toi – Hypnose & PNL | Grégory Papin – Hypnothérapeute à Saint-Saulve (près de Valenciennes)
